Être magistrate, c’est bien plus qu’un métier — c’est une vocation. Un engagement permanent qui, au-delà des lois et des dossiers, repose sur l’humain, la vérité et l’équilibre.
Des affaires qui marquent
Certains dossiers ne vous quittent plus. Surtout lorsqu’ils concernent des victimes qui sont des enfants, des personnes âgées ou vulnérables. Ce sont des affaires qui vous touchent profondément, qui laissent une trace, longtemps après le jugement ou l’arrêt.
Je me souviens d’une série de attaques violentes à domicile brutaux, au cours desquels des personnes âgées ont été violemment agressées dans leur propre maison. Des personnes seules, mais particulièrement courageuses. La plus âgée venait d’avoir cent ans. Ces victimes sont restées traumatisées. Cela vous atteint dans chaque fibre de votre être.
Dans de tels dossiers, le magistrat se montre inflexible. Il s’accroche. Il ne lâche rien tant que la vérité n’a pas éclaté et que les auteurs ne sont pas arrêtés.
De la conviction à la vocation
Le droit et la justice m’ont toujours passionnée. Déjà durant mes études secondaires, j’étais certaine : je voulais étudier le droit.
Je suis devenue avocate, pendant huit ans, dans un cabinet spécialisé en droit pénal. J’ai défendu des personnes, écouté leurs histoires et plaidé pour leurs droits. Ce fut une période passionnante et extrêmement formatrice, où j’ai pu assister des personnes dans leurs moments les plus difficiles — qu’il s’agisse de victimes ou d’auteurs.
Mais au fil du temps, j’ai ressenti le besoin d’apporter encore davantage. En tant qu’avocat, on peut faire beaucoup pour une personne, une famille ou une organisation. En tant que magistrat, on ne défend pas un seul intérêt, mais celui de toute la société.
Et c’est cela qui me motive : savoir que ce que l’on fait peut avoir du sens pour l’ensemble de la collectivité. Avoir de l’impact. Être cette pierre qui infléchit le cours d’une rivière et fait toute la différence.
« Dans chaque dossier, vous tentez de découvrir la vérité, de retourner chaque pierre — guidé par la recherche de la vérité et animé par la quête de justice. »
L’essence de la justice
La justice n’est pas un système froid fait uniquement de lois et de peines. Elle repose sur l’humanité, sur la compréhension et sur la recherche du sens des faits. Elle requiert de l’empathie, mais aussi la capacité de fixer des limites avec fermeté. Et elle implique également la réparation et la responsabilité.
Pour moi, être magistrat n’est pas un métier, mais une vocation et un engagement, sans interruption. On est aux commandes, on dirige l’enquête, on porte la responsabilité et on fait preuve de courage. Jour et nuit, on retourne chaque pierre. Guidé par la recherche de la vérité et animé par la quête de justice.
Confiance et ouverture
Je suis magistrate au parquet général de Bruxelles, et j’exerce également des fonctions de politique et de gestion nationales auprès du Collège des procureurs généraux et du Collège du ministère public.
Je suis aussi magistrate de presse, tant au niveau national qu’au parquet général et à l’auditorat général de Bruxelles. Une fonction qui me permet de jeter un pont entre la justice et le citoyen. Même si, à mes yeux, chaque magistrat et chaque membre du parquet sont des ambassadeurs de notre institution.
La transparence et la communication ouverte sont, selon moi, des éléments essentiels de la confiance. Non pas pour mettre les institutions en avant, mais pour montrer ce que nous faisons, les responsabilités que nous assumons et surtout, ce que nous pouvons apporter à la société et au citoyen en particulier. Une société juste et sûre, compréhensible pour le citoyen et digne de sa confiance.
Car la justice n’est pas une entité abstraite. Elle est faite par des femmes et des hommes — collègues, magistrats et collaborateurs — qui, chaque jour, avec cœur, dévouement et passion, tentent de faire la différence.



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